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 La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)

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Radhya
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MessageSujet: La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)   Ven 21 Sep - 15:19

Blizzard nous propose de découvrir une nouvelle histoire sur le site officiel de World of Warcraft: La Quête de la Pandarie. On y retrouve Li Li Brune d’Orage, un personnage dont on a déjà eu l'occasion de suivre ces dernières semaines. L'histoire est découpée en 4 parties et sera diffusée petit à petit par Blizzard.
Voici le lien permettant de télécharger le texte complet(24 pages):http://eu.media.blizzard.com/wow/lore/quest-for-pandaria/novella/part-1/quest-for-pandaria-part-1_fr-fr.pdf

La Quête de la Pandarie : première partie
« Et juste au moment où le tram commençait à gravir une pente, le vilain gobelin vert m’a sauté
dessus ! » Li Li Brune d’Orage prit la pose pour livrer sa meilleure imitation de gobelin grimaçant, les
doigts courbés comme des griffes. Elle s’inclina vers le groupe de jeunes pandarens étendus sur la
colline pour s’assurer de leur attention.
Une des jeunes roula sur le dos dans un ronflement sonore. Un filet de bave coulait du coin de sa
bouche et venait assombrir la fourrure blanche de sa joue. Un autre jeune leva la tête et les cercles noirs
qui entouraient ses yeux apparurent brièvement au-dessus de son livre, avant de disparaître à nouveau.
Un autre bâilla bruyamment. Tout autour de Li Li, les visages des jeunes pandarens à portée de voix
respiraient l’ennui. Même son propre frère, Shisai, cueillait des brins d’herbe pour les entortiller en
l’ignorant avec application.
« Mais je lui ai mis un coup de pied en pleine poitrine, qui l’a envoyé valdinguer du wagon et droit dans
le mur. Et là, il a explosé ! BOUM ! »
Un petit toussotement se fit entendre.
« Bon, d’accord, c’est sa potion qui a explosé, se raisonna-t-elle. Mais c’était vraiment palpitant !
– Oui, on sait, Li Li, dit un des oursons, occupé à tracer de petits cercles dans la poussière avec le doigt.
Tu nous l’as raconté trois millions de fois.
– Chen, tu pourrais nous raconter une histoire, toi ! implora un autre jeune.
– Hum ? » Chen leva la tête. Il était en train de répartir un ensemble de tasses en céramique sur une
couverture, à l’ombre d’un magnolia. À travers les branches de l’arbre, le soleil de l’après-midi tombait
en taches dorées sur un grand groupe de pandarens en plein pique-nique. Il faisait un temps idéal, la
journée était chaude et tout le monde avait décidé d’en profiter pour monter jusqu’au plus haut coteau
de la gigantesque carapace de Shen Zin Su et savourer ce glorieux soleil.
« Raconte la fois où tu as fait un concours de boisson avec quatre nains au Nid-de-l’Aigle !
– Hé, j’étais en train de vous parler ! coupa Li Li, manifestement agacée. Quand j’étais à Forgefer, j’ai pu
rencontrer le roi Magni et –

– Oh, Li Li, tu passes ton temps à radoter sur le roi Magni ! C’est à Chen qu’on demande ! » dit l’ourson
en roulant des yeux. Li Li souffla en le foudroyant du regard, et ouvrit la bouche pour répondre.
« Allons, du calme, Li Li a plein d’histoires intéressantes, intervint Chen. Mais attention, tu as fait une
erreur, petit pandawan, dit-il en leur adressant un clin d’œil complice. Ce n’était pas quatre nains, mais
cinq. »
Les autres jeunes rirent avec enthousiasme, mais Li Li se renfrogna. Chen n’eut pas l’air de le remarquer,
et continua.
« Mais en parlant de boisson, vous me faites oublier mes manières. Je suis désolé que la bière ne soit
pas meilleure, dit-il à un groupe d’adultes pour s’excuser en remplissant les tasses. Malheureusement,
on manque d’ingrédients à brasser sur la grande tortue.
– Je suis sûr qu’elle est délicieuse, Chen, répondit d’un ton aimable l’une des anciennes en prenant son
verre. C’est merveilleux que notre plus grand maître brasseur soit de retour ! Tu nous as manqué à tous.
– Tu es trop gentille, dit-il avec un grand sourire.
– Allez, Chen, une histoire ! cria un ourson.
– Une petite minute. Laissez-moi finir de servir vos parents, les enfants. Ensuite je vous donnerai du thé,
et on pourra voir pour les histoires.
– Une fois, j’ai failli me faire dévorer par un ogre, dit Li Li. J’ai eu vraiment peur.
– On sait, Li Li. Est-ce que tu vas la fermer un jour ? Chen a plein d’histoires qu’on n’a pas déjà
entendues cent fois.
– Bon, d’accord ! dit-elle en levant les bras au ciel. Continuez à embêter mon oncle, si vous voulez. » Elle
tourna le regard vers lui dans l’espoir qu’il lui laisserait le soin de tout raconter, mais il était parti vers un
autre pan de la colline, absorbé dans une conversation. Elle décida de changer d’approche.
« Et pourquoi vous ne me raconteriez pas une de vos histoires, vous ? Vous savez, sur les journées que
vous passez à cueillir des fleurs sur la colline et à sécher les cours de calligraphie ? Ça a l’air terriblement
passionnant ! »

Certains des oursons se récrièrent et se préparaient à répondre à la provocation, mais Chen les coupa
juste à temps. « Qui veut du thé ? » Un concert de « Moi, moi ! » s’éleva en réponse. L’attention se
porta sur Chen, et Li Li, désormais ignorée, en profita pour quitter la colline. Une fois hors de vue des
pique-niqueurs, elle soupira et leva les yeux au ciel. Les grands nuages blancs qui le traversaient
paresseusement venaient parfois cacher le soleil, puis le découvraient pour baigner le paysage de
lumière.
Elle continua à déambuler, passant sa frustration sur les cailloux du chemin, les envoyant bouler avant
de les suivre le long de la pente. Depuis qu’elle était rentrée de son voyage avec Bo le Fort, sa vie
sombrait dans l’ennui. Son père, Chon Po, était tour à tour soulagé et furieux de la revoir, et le passage
continu d’une émotion extrême à l’autre n’avait fait que s’exagérer après que Chen eut raconté en
détail ce qui était arrivé à Bo.
Elle avait le cœur lourd à chaque fois qu’elle pensait à Bo. Chen lui répétait sans arrêt qu’elle n’était pas
responsable de sa mort, et d’un point de vue purement intellectuel, elle le comprenait bien. Mais du
fond de son esprit, une petite voix cruelle n’oubliait jamais de lui rappeler calmement que si elle n’avait
jamais décidé de quitter la grande tortue Shen Zin Su, il serait sans doute encore en vie.
Elle laissa sa culpabilité pour retourner dans l’instant présent, et se rendit compte qu’elle avait
machinalement pris le chemin de la Grande bibliothèque. La vue de l’élégant temple qui l’abritait lui
remonta le moral. La bibliothèque avait toujours été son refuge, l’endroit où elle pouvait aller se perdre
dans les pages d’un livre ou d’une lettre, et c’est exactement ce dont elle avait besoin à cet instant. Elle
en franchit les portes en trottinant avec entrain.
À l’intérieur, l’odeur familière et réconfortante d’encre et de parchemin la remit à l’aise. Elle tira des
rayonnages un épais atlas et une pile de lettres froissées et cornées, et s’affala dans un fauteuil rebondi.
Puis elle étendit les parchemins sur la table et posa le livre sur ses genoux, le laissant s’ouvrir au hasard.
Le marais des Chagrins s’étalait sur toute la page, dans un élégant mélange d’encres vertes et brunes.
C’était une très vieille carte et Li Li la connaissait presque par cœur. Elle en avait recopié la plus grande
partie depuis longtemps, avec d’autres cartes, chez elle dans son propre journal. Elle se pencha sur la
table et parcourut les papiers qu’elle y avait posés jusqu’à trouver ce qu’elle cherchait.
La lettre de Chen racontait par le détail son exploration de la terre qui avait un jour été le sud du marais
des Chagrins et s’appelait aujourd’hui les terres Foudroyées. Il y a peu, une magie maléfique s’était
répandue par une faille ouverte d’un autre monde et en avait flétri le paysage luxuriant, n’en laissant
qu’une terre rouge et aride. La lettre expliquait que la faille avait été ouverte par un mage au pouvoir
immense appelé Medivh, avec l’aide d’orcs de cet autre monde. Il n’y avait pas d’autres détails et la
bibliothèque ne contenait aucun autre texte sur les terres Foudroyées ou Medivh. Ce dernier avait dû
naître bien longtemps après que les semblables de Li Li qui vivaient sur Shen Zin Su eurent abandonné
leur intrépide tradition d’exploration. Elle se demandait à quoi ressemblerait une carte moderne du
marais. Les lettres de Chen dataient déjà de plusieurs années et son retour parmi eux signifiait qu’il n’y
aurait plus de nouvelles fraîches du monde extérieur.
Sans entrain, elle parcourut à nouveau les lettres, mais leurs mots avaient perdu leur attrait. Ils restaient
immobiles, récits figés des découvertes passées de Chen dont l’encre s’estompait avec le temps. Elle
savait que loin de leur vie isolée sur l’île Vagabonde, le monde continuait à changer sans eux.
Elle remit tout sur les rayonnages avec un froncement de sourcils. Elle avait l’impression d’avoir été
affamée, puis enfin assise devant un somptueux banquet qu’on lui avait retiré après la première
bouchée. Le monde était tellement plus vaste et beau que les mots ou les cartes ne pourraient jamais
l’exprimer, et elle n’avait fait qu’en effleurer la surface. Ici sur Shen Zin Su, il n’y avait rien pour elle.
***
« Ce soir c’est un véritable festin ! Soupe aux épinards et carottes avec du bouillon de poulet, du poisson
épicé à la vapeur, et bien sûr du riz ! annonça Chon Po à Li Li, Shisai et Chen en apportant le dîner à
table. Dites-moi surtout comment vous trouvez la soupe. C’est une nouvelle recette.
– Ça doit être délicieux, Po, dit Chen. Merci pour l’invitation. »
Chon Po, rayonnant de fierté devant ses créations culinaires, prit place à table. « Vous avez tous passé
une bonne journée ? Il faisait très beau, j’aurais aimé pouvoir venir au pique-nique.
– On sait que tu es très occupé, papa, répondit Shisai en se servant quelques poissons. Mais on s’est
bien amusés !
– C’était pas mal, dit Li Li avec un haussement d’épaules. »
Shisai roula des yeux. « Tu es juste vexée parce que personne ne voulait écouter tes histoires, dit-il pour
la provoquer. Celles de Chen sont mieux, de toute façon. Pas vrai, oncle Chen ?
– Euh… » Chen bredouilla en se servant de soupe. Li Li fusilla son frère du regard en enfournant du riz
dans sa bouche.
« Oncle Chen nous a raconté la fois où il a failli tuer le grand belluaire Rexxar ! continua Shisai malgré la
gêne de Chen et Li Li.
– Comment ? » Les sourcils de Chon Po remontèrent jusqu’en haut de son front. « Est-il vraiment
nécessaire de raconter une histoire si violente à des enfants, Chen ?
– Hum, euh, tout ça est un peu exagéré, Po, dit Chen en se grattant la tête. C’est même l’intérêt de cette
histoire, en fait. Ce qui est arrivé, c’est qu’il a goûté à ma bière, et elle était si forte qu’il m’a accusé
d’essayer de le tuer ! » Chen eut un petit rire nerveux. « Tu vois ? C’est plutôt, euh, drôle… »
Chon Po resta imperturbable.
« Mais ça n’est pas ça la fin de l’histoire ! insista Shisai. Après vous êtes allés à Theramore tous les deux
pour combattre l’amiral Portvaillant, non ? Et –
– Assez ! » Chon Po interrompit son fils et jeta un regard irrité à son frère. « Essaie de penser à l’exemple
que tu donnes, Chen ! Regarde ce qui est arrivé à Li Li, alors qu’elle ne faisait que lire de simples lettres !
– Il ne m’est rien arrivé, papa, marmonna Li Li. Tu sais, je suis là, hein. Et je t’entends !
– Ce genre d’histoire a des conséquences graves, Chen.
– Hé, regardez-moi ! Ah, mais je suis bête, vous ne pouvez pas, je suis Li Li Brune d’Orage la pandarène
magique invisible !
– Li Li n’aurait jamais imaginé toutes ces bêtises toute seule, continua Chon Po. Pas sans –
– Des bêtises ? Qu’est-ce que tu racontes ? C’est pas des bêtises ! Il y a un monde immense à découvrir,
et les fichus pandarens de cette île sont trop occupés à se terrer dans leurs carapaces comme Shen Zin
Su par temps d’orage pour s’en soucier !
– Les handahens ont pas de cahapahe, marmonna Shisai en mâchant.
– C’est une métaphore, espèce de demeuré.
– Shisai, on ne parle pas la bouche pleine ! Et Li Li, n’insulte pas ton frère ! »
Li Li fusilla son père et son frère du regard. « Je n’arrive pas à croire que vous n’êtes même pas un peu
curieux sur tout ça. Sur les gens qui peuplent le monde ? Sur leurs villes, leurs pays ?
– Pas si ça implique de presque se faire dévorer par un ogre comme tu l’as dit, répondit Shisai en avalant
bruyamment. Je veux dire, les histoires d’oncle Chen sont sympas et tout, mais –
– Vraiment, ton poisson est délicieux, Po. Merci pour ce beau dîner ! interrompit Chen en parlant bien
fort.
– Se faire dévorer par un ogre ? » Chon Po bondit de sa chaise. « Est-ce que tu inventes des histoires
pour faire peur à ton frère ? » Il se pencha en avant, appuyé sur la table, en fixant sa fille du regard.
« Non, cria Li Li, outrée. Je n’invente rien ! Je veux dire… Bon, l’ogre m’avait capturée, je vous l’ai dit,
alors peut-être que “presque se faire dévorer” c’était une toute petite exagération, mais –
– ASSEZ ! hurla Chon Po. Mais écoute-toi ! Tu expliques qu’il ne t’est rien arrivé, et dans la phrase
suivante tu mentionnes qu’un ogre t’avait capturée ! Et malgré ça, tu continues à nous sortir ton lyrisme
sur le monde immense à découvrir ? Est-ce que la mort de Bo ne t’a rien appris ? »
Tout le monde, même Shisai, se figea. Li Li baissa la tête et s’absorba dans son assiette, les yeux plissés,
le cœur crucifié par une bouffée de culpabilité.
« Po, ce n’était pas sa faute, dit Chen calmement.
– Non, concéda Po, le regard fixé sur sa fille. Mais si elle n’était pas partie, ce ne serait jamais arrivé. »
Les larmes poignaient dans les yeux de Li Li. Combien de fois avait-elle pensé la même chose ? Elle serra
les dents, furieuse de cette humiliation. Je ne pleurerai pas. Je ne pleurerai pas. Je ne…
« Chon Po, n’est-ce pas toi qui as envoyé Bo à la recherche de Li Li ?
– Qu’est-ce que tu essaies d’insinuer, Chen ?
– Juste que ruminer avec des “si” n’est qu’une perte de temps, soupira Chen. Li Li ne pouvait pas prédire
ce qui allait arriver, pas plus que toi.
– Le prédire ? » Chen devint la cible de sa colère. « Est-ce qu’il nous est déjà arrivé la moindre chose du
genre ici, sur Shen Zin Su ? Notre pays est l’endroit le plus sûr –
– Oui, interrompit Chen avec fermeté. À Xiu Li. »
À la mention du nom de la mère de Li Li et Shisai, l’atmosphère s’alourdit encore. Chon Po baissa la tête,
presque tremblant de rage.
« Et ça fait longtemps que Wanyo a disparu, continua Chen impitoyablement. Il est sans doute mort lui
aussi.
– Où est-ce que tu veux en venir ? aboya Chon Po en levant la tête vers Chen.
– Les bateaux partent à la pêche, et ils ne reviennent pas tous. C’est ce qui est arrivé à Wanyo et à… à ta
femme, ou à d’autres de nos compagnons, Po. Il y aura toujours des risques, où qu’on soit. Personne n’a
de contrôle sur ça. »
Lentement, sans un bruit, Chon Po s’assit sur sa chaise, fou de rage.
« Papa, dit Li Li sur un ton prudent, je veux voir le monde. Je ferai attention –
– Tu es une idiote de seulement y penser ! » Chon Po abattit son poing sur la table, faisant trembler la
céramique. « Comme ton cher oncle Chen a jugé bon de nous le rappeler, le monde est un endroit
dangereux. Tu n’es qu’une enfant ! Est-ce que tu veux finir comme Bo ? Ou comme ta mère ?
– Chon Po ! » Chen cria sa réprobation, mais, avant que les mots n’aient quitté sa bouche, Li Li avait déjà
couru hors de la pièce en ravalant un sanglot. Ils entendirent une porte claquer en haut des escaliers.
Chen posa calmement le regard de l’autre côté de la table, sur Chon Po, qui croisa les bras avec
obstination. Les dents serrées, il semblait défier Chen de le prendre à partie.
« Mon cher frère, m’accorderais-tu un instant, si tu veux bien ? demanda Chen aussi poliment qu’il le
pût, en indiquant la cuisine, plus isolée.
– Aucun problème. » Chon Po se leva brusquement et sortit de la pièce avec raideur, Chen à sa suite.
Resté seul à table, Shisai attrapa un morceau de carotte dans sa soupe et le mâcha lentement. Il jeta un
regard vers la cuisine, puis vers l’escalier, et avala.
« Eh bien, quelle sale ambiance », déclara-t-il à la pièce vide avant de se resservir.
***
Chen emmena Chon Po vers la porte de derrière et le poussa pratiquement dehors, sous le porche. « Tu
es complètement injuste avec Li Li. Vouloir voyager, ce n’est pas mal.
– C’est dangereux ! Plus dangereux que de rester ici, malgré tout ce que tu peux en dire ! Xiu Li et
Wanyo ont peut-être disparu, mais ce n’était que des accidents. Bo s’est fait assassiner ! Est-ce que tu
veux que ça arrive à Li Li aussi ?
– Arrête de présenter ça comme si c’était inévitable ! Elle n’aurait jamais pu le prévoir ! Ceux qui l’ont
attaqué cherchaient la Perle de Pandarie, ou un autre objet qu’ils imaginaient que Wanyo avait
découvert, et ils ont pensé que Li Li saurait où elle était juste parce qu’elle est pandarène ! Quant à l’orc,
c’est après moi qu’il en avait, et si j’avais retrouvé Bo et Li Li plus vite…
– Tout ce que ton histoire prouve c’est que, pour nos ennemis, n’importe quel pandaren fait une bonne
cible. » Chon Po allait et venait sous les lanternes, son expression furieuse encore accentuée par leur
lumière orangée. « Li Li est plus en sécurité ici que n’importe où ailleurs ! »
Chen secoua la tête.
« Tu ne peux pas la forcer à rester si elle ne veut pas. Elle te l’a déjà prouvé. Tu ne pourras pas la
protéger éternellement, et essayer ne ferait qu’empirer la situation.
– Alors j’imagine que tu sais mieux que moi comment élever mes enfants ! railla Chon Po.
– Non, Po, tout ce que j’essaie de te dire, c’est que je sais ce qu’elle ressent. Quand j’avais son âge, nos
parents à nous auraient pu dire ou faire tout ce qu’ils voulaient, rien ne m’aurait fait changer d’avis.
Alors qu’est-ce qui te fait penser que tu pourras la dissuader, elle ? C’est à elle de faire ses choix.

– Ses mauvais choix. Courir au-devant du danger sans réfléchir, abandonner sa famille, fuir toutes ses
responsabilités… » Chon Po égrenait la longue liste des faux pas de Li Li sur ses doigts, un par un. « Nous
obliger à attendre ses rares lettres juste pour savoir si elle est encore en vie… »
Chen commença à froncer les sourcils.
« Ne jamais se poser pour fonder une véritable famille.
– Mais comment peux-tu savoir qu’elle ne le fera pas un jour ? » demanda Chen, abasourdi.
Mais Chon Po ne semblait même plus l’entendre.
« Ne pas faire l’effort de venir au mariage de son frère.
– Et qui Shisai épouse-t-il ? Ce que tu dis n’a aucun sens… » Chen s’arrêta au milieu de sa phrase quand il
comprit enfin. Il tourna le regard par-delà la balustrade du porche, dans la nuit, l’esprit soudainement
vide. Les pièces étaient en train de se mettre en place. Sans lui prêter attention, Chon Po continuait à
énumérer les manquements de Li Li.
« C’est de moi qu’il s’agit, demanda doucement Chen. N’est-ce pas ? »
Chon Po se tut brusquement. Il était figé sur place et évitait le regard de son frère. Les secondes
s’égrenaient avec une lenteur étouffante, et Chen se prépara à essuyer une explosion verbale qui
couvait probablement en son frère depuis des années.
« Cette conversation est terminée. »
Chon Po rentra à l’intérieur d’un pas lourd, et claqua la porte.
***
Li Li eut du mal à trouver le sommeil cette nuit-là. Elle se retournait sans arrêt, et les mots acérés de son
père lui tiraillaient l’esprit. Alors que l’éclaircissement du ciel annonçait l’approche de l’aube, elle finit
par abandonner, se leva et s’habilla.
Sur sa commode était posé un petit pot de terre, similaire à ceux que Bo remplissait autrefois d’eau et
suspendait au bout des bâtons qu’elle utilisait pour travailler son équilibre et le positionnement de son
corps. Elle le fit tourner entre ses mains, en éprouvant ce poids devenu si familier, puis le glissa dans sa
ceinture en se faufilant hors de la maison.
À cette heure, Shen Zin Su était si calme qu’elle avait l’impression d’entendre les gouttes de rosée
éclabousser sous ses pas. Dans la faible lueur, les toiles d’araignée s’étiraient entre les branches comme
une dentelle fragile et étincelante. En marchant, elle se pencha pour cueillir les fleurs colorées qui
poussaient entre les pavés, et en fit deux petits bouquets inégaux.
Au bout du chemin, entouré de murs et sous la protection du fier Gardien lion, la majestueuse forêt des
Mille bâtons s’ouvrait devant elle. Tout pandaren qui voulait pénétrer dans ce joli bocage devait vaincre
le Gardien en combat singulier, ce qu’elle avait réussi plusieurs années auparavant. Il pencha la tête
devant elle, et elle s’inclina avec respect alors qu’il s’écartait pour la laisser passer. Elle n’était pas venue
dans la forêt depuis longtemps, mais c’était un endroit toujours aussi immaculé, entretenu
méticuleusement par une petite armée de jardiniers. Peu après le lever du soleil, ils arriveraient pour
balayer tous les débris venus salir les autels pendant la nuit, mais pour l’instant Li Li était seule et bien
contente de l’être.
Xiu Li, la mère de Li Li et Shisai, s’était noyée dans un accident de pêche alors qu’ils étaient à peine plus
que des nouveaux nés. Li Li n’avait pas beaucoup de souvenirs d’elle, mais même si elle ne ressentait sa
perte que rarement, il arrivait que son absence lui vrille le cœur. Elle s’agenouilla devant le sanctuaire de
la famille Brune d’Orage et posa un de ses petits bouquets sur l’autel.
« Maman, tu me manques tellement. » Son souffle fumait dans l’air matinal. « Papa ne comprend pas, et
il ne comprendra jamais. Et oncle Chen ne veut pas le mettre en colère. » Elle hésita, craignant presque
de parler à haute voix alors que le bois était complètement désert. « Toi, tu comprendrais, hein
maman ? Je ne peux pas rester ici pour toujours. C’est juste impossible. »
Elle bascula en arrière pour s’asseoir dans l’herbe et rassembla ses jambes sur sa poitrine, puis posa la
tête sur les genoux, silencieuse et contemplatrice, écoutant les oiseaux qui gazouillaient leurs premiers
chants matinaux sur les branches du grand arbre qui dominait la colline. Avant que ses jambes ne
deviennent trop raides, elle se releva, présenta ses respects une dernière fois, puis repartit entre les
alignements de petits monuments vers sa prochaine destination.


Sur sa commode était posé un petit pot de terre, similaire à ceux que Bo remplissait autrefois d’eau et
suspendait au bout des bâtons qu’elle utilisait pour travailler son équilibre et le positionnement de son
corps. Elle le fit tourner entre ses mains, en éprouvant ce poids devenu si familier, puis le glissa dans sa
ceinture en se faufilant hors de la maison.
À cette heure, Shen Zin Su était si calme qu’elle avait l’impression d’entendre les gouttes de rosée
éclabousser sous ses pas. Dans la faible lueur, les toiles d’araignée s’étiraient entre les branches comme
une dentelle fragile et étincelante. En marchant, elle se pencha pour cueillir les fleurs colorées qui
poussaient entre les pavés, et en fit deux petits bouquets inégaux.
Au bout du chemin, entouré de murs et sous la protection du fier Gardien lion, la majestueuse forêt des
Mille bâtons s’ouvrait devant elle. Tout pandaren qui voulait pénétrer dans ce joli bocage devait vaincre
le Gardien en combat singulier, ce qu’elle avait réussi plusieurs années auparavant. Il pencha la tête
devant elle, et elle s’inclina avec respect alors qu’il s’écartait pour la laisser passer. Elle n’était pas venue
dans la forêt depuis longtemps, mais c’était un endroit toujours aussi immaculé, entretenu
méticuleusement par une petite armée de jardiniers. Peu après le lever du soleil, ils arriveraient pour
balayer tous les débris venus salir les autels pendant la nuit, mais pour l’instant Li Li était seule et bien
contente de l’être.
Xiu Li, la mère de Li Li et Shisai, s’était noyée dans un accident de pêche alors qu’ils étaient à peine plus
que des nouveaux nés. Li Li n’avait pas beaucoup de souvenirs d’elle, mais même si elle ne ressentait sa
perte que rarement, il arrivait que son absence lui vrille le cœur. Elle s’agenouilla devant le sanctuaire de
la famille Brune d’Orage et posa un de ses petits bouquets sur l’autel.
« Maman, tu me manques tellement. » Son souffle fumait dans l’air matinal. « Papa ne comprend pas, et
il ne comprendra jamais. Et oncle Chen ne veut pas le mettre en colère. » Elle hésita, craignant presque
de parler à haute voix alors que le bois était complètement désert. « Toi, tu comprendrais, hein
maman ? Je ne peux pas rester ici pour toujours. C’est juste impossible. »
Elle bascula en arrière pour s’asseoir dans l’herbe et rassembla ses jambes sur sa poitrine, puis posa la
tête sur les genoux, silencieuse et contemplatrice, écoutant les oiseaux qui gazouillaient leurs premiers
chants matinaux sur les branches du grand arbre qui dominait la colline. Avant que ses jambes ne
deviennent trop raides, elle se releva, présenta ses respects une dernière fois, puis repartit entre les
alignements de petits monuments vers sa prochaine destination.

Le sanctuaire familial de Bo le Fort était plus haut sur la colline, sous les splendides branches de l’arbre.
Un poids se mit à peser sur sa gorge tandis que les mots de son père lui revenaient avec une
douloureuse clarté.
« Est-ce que la mort de Bo ne t’a rien appris ? »
Elle posa le petit pot de terre devant l’autel et y disposa le second bouquet, puis se remit à genoux.
« Si je pouvais te ramener, Bo, je le ferais. Ou j’agirais différemment. J’irais quelque part où cette
horrible naga et sa brute d’orc ne pourraient jamais nous trouver.
Mais jamais je ne déciderais de ne pas partir du tout. »
Avec cet aveu, une larme se détacha de son œil et courut le long de sa joue, assombrissant sa fourrure.
« Il fallait que je m’en aille. Rester ici suffit à me rendre folle. Peut-être que ça fait de moi une mauvaise
personne, en tout cas papa semble le penser. Mais j’ai plus peur de ce qui m’arriverait si j’essayais de
rester que de tout ce qui pourrait se passer ailleurs. J’espère que ce n’est pas un affront à ton souvenir,
Bo. Je veux juste faire ce qui est bon pour moi. Je suis tellement désolée. » Ses mots se prirent dans sa
gorge serrée. « Je n’ai jamais voulu causer de tort à personne. » Elle baissa la tête comme devant l’autel
de sa mère, et récita une prière aux morts.
« Sois en paix. » Elle se releva et leva le regard vers le ciel que l’aube dorait de rose, le bord orange du
soleil perçant juste au-dessus de l’horizon à l’est. Elle épousseta la couture de sa tunique en regardant
ses pieds. Son cœur souffrait encore, et elle n’avait aucune envie de rentrer à la maison. Il était encore
tôt, mais il y avait une bonne chance que Chen soit debout, maintenant.
***
Il ouvrit la porte après qu’elle eut frappé quatre fois.
« Li Li ? demanda-t-il avec surprise. Entre ! Viens prendre un petit déjeuner. »
Elle le suivit dans la petite maison et s’assit à la table de la cuisine pendant qu’il leur préparait un repas.
« Désolée de t’embêter si tôt, oncle Chen.
– Pas du tout ! cria-t-il, la voix étouffée par la porte d’un placard. J’étais juste en train de préparer mon
dernier projet de brassage. Malheureusement, il n’y a pas grand-chose de très varié à utiliser ici, mais on
verra bien ce que ça donnera. »
Li Li attendait en silence, assise, en jouant distraitement avec ses manches pendant que Chen faisait
chauffer du porridge sur le fourneau.
« Est-ce que tu es encore triste pour hier soir ? demanda Chen en remuant le porridge avec un long
bâton.
– Je n’ai jamais voulu qu’il arrive quoi que ce soit à Bo, marmonna-t-elle en fixant la table.
– Je sais bien, Li Li. Et ton père le sait aussi. C’est juste qu’il est…
– Complètement abruti, grogna-t-elle.
– ... Têtu, dit Chen avec diplomatie en se remémorant sa propre conversation avec Chon Po sur le
porche.
– Je n’aime pas déplaire à mon père, admit-elle alors que Chen posait un bol devant elle et s’assit de
l’autre côté de la table. Mais je suis malheureuse ici. Et la vie est une aventure ! » À ces mots, sa voix
s’était élevée. « Ou plutôt, elle devrait l’être. Mais ne l’est pas. » Elle se mit à bredouiller, et planta sa
cuillère dans son bol. « Pas ici, en tout cas. »
Chen lui posa la main sur l’épaule. « Ne t’en fais pas, Li Li.
– Viens avec moi, oncle Chen.
– Quoi ?
– Tu te souviens quand on parlait d’avoir notre aventure à nous, ensemble ? Faisons-le ! Avec toi, je
serais en sécurité, papa le sait. Allons voir le monde ! »
Chen ouvrit la bouche, puis hésita. Li Li le dévisageait avec impatience, mais au fur et à mesure que les
secondes passaient, elle commença à se rendre compte que la réponse qu’elle allait entendre ne serait
pas celle qu’elle avait espéré.
« Tu es d’accord avec papa, c’est ça ?
– Non, ce n’est pas ça. Je pense que vos inquiétudes à tous les deux sont légitimes. Mais en ce qui me
concerne… » Il regarda sa petite maison, tout autour de lui : les poêles suspendues au-dessus du
fourneau, les étagères pleines de vaisselle, de parchemins ou de décorations, l’ameublement
confortable. Il sourit. « Je suis heureux, ici. J’ai passé tellement de temps sur la route, sans chez-moi.
Tout ça, c’est nouveau pour moi. Aujourd’hui, c’est ça l’aventure pour moi.
– Tu plaisantes, c’est impossible. » Elle avala une bouchée de porridge, puis repoussa le bol encore à
moitié plein. Elle était là, devant le seul ici qui pouvait la comprendre, et il avait laissé tomber. Elle était
trahie.
« Je sais que tu ne vois pas les choses comme moi, Li Li. Tu es encore jeune et –
– Bah, maintenant on dirait vraiment mon père. À quel moment le grand aventurier Chen Brune d’Orage
est-il devenu aussi rasoir ? dit-elle en jetant le dernier mot comme une accusation.
– Tout change, Li Li. » Tout, dans son attitude, respirait un calme insupportablement patient. « J’ai
terminé mon voyage. Je suis prêt pour autre chose, aujourd’hui.
– Eh bien moi, je n’ai pas terminé le mien, riposta-t-elle. Et si je fais ce que vous me dites, je ne le
terminerai jamais ! Je vais juste devenir vieille et décrépite et passer mes journées à faire du thé et à
parler du temps qu’il fait, et ma vie sera un échec !
– Li Li, tu sais bien que ce n’est pas vrai.
– Ne m’adresse plus la parole. Tu es de son côté ! » Elle bondit hors de table et s’enfuit de la maison.
Chen la regarda sortir et posa la joue dans la main avec un demi-sourire.
« Ah, les Brune d’Orage. On fait une belle bande de têtes de mules. »
***
Plouf. Le caillou frappa la surface de l’océan avec une belle éclaboussure. Plouf. Plouf. Plouf. Elle en jeta
encore dans l’eau, mais le geste devenait de moins en moins satisfaisant. Déconfite, elle s’assit avec un
soupir.
C’était un de ses endroits préférés de tout Shen Zin Su. Tout à l’avant de sa carapace, elle pouvait faire
pendre ses jambes au-dessus de l’endroit où la large courbe de son cou disparaissait dans l’eau, et
regarder vers la lointaine ligne gris-bleu de l’horizon où la mer se confondait avec le ciel. Il y a
longtemps, Liulang, le célèbre voyageur, avait fondé une colonie sur Shen Zin Su pour emmener les plus
intrépides des pandarens partout en Azeroth dans leur quête d’aventure et de savoir. Mais la curiosité
avait depuis longtemps fait place à la complaisance, et ces jours étaient perdus dans les annales.
« Ça m’énerve. Quand je voyageais, avant que Bo et moi on ait des ennuis, j’étais bien. Je ne peux rien
accomplir si je suis coincée ici. Euh, je ne dis pas ça pour te vexer, hein, Shen Zin Su. » Elle tapota
affectueusement le bord de la carapace. « Mais il y a tellement plus à faire dans le monde ! Avoir vu
Hurlevent et Forgefer… Je n’aurais jamais pu les imaginer telles qu’elles sont, même avec toutes les
cartes et les lettres du monde. Le roi Magni a été tellement gentil avec moi ! Il m’a montré son chez-lui.
J’aimerais avoir quelque chose à lui montrer en retour, mais je n’ai rien. Chen a décidé que son chez-lui,
c’est ici. Je suis très contente pour lui. Je suis désolée, Shen Zin Su, je t’adore, mais je ne me suis jamais
vraiment sentie chez moi ici. Est-ce qu’il y a un endroit où je pourrais un jour me sentir chez moi ? »
Elle n’attendait pas vraiment de réponse à sa question, alors quand elle entendit la grande tortue
gronder en projetant des bulles dans l’eau devant elle, elle resta ahurie un instant. Elle se demanda
brièvement si le bruit fait par Shen Zin Su était une tentative de communiquer, avant de décider que ça
n’était qu’une coïncidence.
« J’aimerais vraiment pouvoir parler avec toi, soupira-t-elle. Tu aurais sans doute plus à dire pour
m’aider que ma famille. »
Démoralisée, elle baissa la tête et croisa les mains sur son ventre.
Le sol s’agita brusquement, la faisant tomber sur l’épaule. Interloquée, elle essaya de s’asseoir, mais la
grande tortue trembla à nouveau et la projeta sur le dos. Li Li se plaqua au sol, le cœur emballé, tandis
que Shen Zin Su se secouait comme un bateau pris dans une tempête. Elle fut catapultée en avant, sur le
bord de la carapace, et, paniquée, chercha un endroit où s’accrocher pour se stabiliser. Sous elle, l’eau
s’écartait lentement, tombant en cascade de l’immense cou alors que la tortue levait son énorme tête.
Sous ses pieds, Li Li sentit la tortue se rassembler comme un yack avant de sauter une barrière. Un lourd
grondement commença à rouler dans le fond de la gigantesque gorge, elle le sentait plus qu’elle ne
l’entendait vrombir dans ses tympans. Dans un violent fracas, Shen Zin Su… toussait.
Li Li aurait pu jurer que c’était exactement ça. La grande tortue laissa échapper un son profond, comme
un long coup de corne de brume, et le brusque mouvement plaqua encore une fois Li Li sur la carapace.
La tête de Li Li cogna le sol, et sa vue se brouilla. Les mains sur les tempes, elle réussit enfin à rouler loin
du bord. Les secousses commencèrent à s’apaiser pour devenir un simple tangage, et Shen Zin Su finit
par s’immobiliser à nouveau.
Prudemment, Li Li se dressa à bout de bras, se préparant à une nouvelle secousse. Elle leva la main à
l’endroit douloureux où elle s’était cogné la tête. Elle sentait une pulsation douloureuse contre sa
paume, et elle savait qu’elle aurait une belle bosse à la fin de la journée. Avec une grimace, elle se
demanda ce qui avait bien pu déclencher cette réaction étrange chez Shen Zin Su. Est-ce qu’il avait avalé
une baleine par mégarde ?
Elle tourna le regard vers l’eau en se massant doucement le crâne. Partout autour de Shen Zin Su, des
tourbillons projetaient de l’écume. C’était bien une preuve qu’elle n’avait pas imaginé tout ça. Elle se
leva prudemment, la vue encore un peu brouillée.
Elle cligna des yeux, ne croyant pas à ce qu’elle voyait. Dans l’eau, une bande blanche se détachait du
reste, trop régulière pour être le sommet écumant d’une vague, ressemblant plutôt à la voile d’une
petite embarcation de pêche. Elle plissa les yeux pour essayer de mieux y voir. Sa vue ne l’avait pas
trompée. Le bateau oscillait sur les vagues, et on distinguait clairement des décorations pandarènes sur
la proue.
L’esquif approchait lentement. Le mât était cassé, un côté de la voile voletait inutilement, et le marin
faisait obstinément avancer son bateau branlant à la rame. Environ une dizaine de mètres avant
d’atteindre la rive, il se redressa, et repoussa son chapeau de paille endommagé en arrière. Il fit signe à
Li Li avec enthousiasme, et l’appela.
« Hé, bien le bonjour ! C’est assez étrange à dire, mais ça faisait bien longtemps que je n’avais pas pu
voir le soleil. Quel beau ciel bleu ! Et tout sent si bon, ça change de l’odeur de poisson ! »
Cette bizarre déclaration laissa Li Li sans voix. Elle fronça les sourcils avec perplexité, et, en silence,
regarda le bateau glisser un dernier mètre jusqu’au rivage et s’échouer avec un léger crissement. Le
pêcheur sauta par-dessus bord et lui fit à nouveau signe avec un grand sourire. La mâchoire de Li Li se
détacha sous le choc. Elle en oublia même un instant la douleur lancinante sur le côté de son crâne.
Wanyo, le pêcheur disparu il y a si longtemps, était de retour.
***
« Alors tout ce temps-là, tu étais dans Shen Zin Su ?
– Ouaip ! répondit Wanyo avec entrain. Je m’étais fait avaler. Et j’ai jamais vraiment ressenti le besoin
de sortir. »
Li Li appuya l’oreille contre la porte. Un peu trop : elle tressaillit en sentant une vague de douleur fraîche
partir de la zone endolorie sur son crâne. De mauvais gré, elle se recula un peu. Elle n’entendrait pas
aussi bien la conversation de l’ancien avec Wanyo, mais ça valait mieux que de faire empirer son mal de
tête. À travers les pans en bois de la porte, elle entendit quelqu’un faire claquer sa langue, et elle n’eut
aucun mal à imaginer les vieillots pandarens en train de secouer la tête. Elle réprima un ricanement.
« Quoi qu’il en soit, il y a la question de décider quoi faire de cette chose que tu as rapportée. » Li Li
reconnut la voix caractéristique de sa grand-mère Mei.
« J’en sais trop rien, vraiment. » Li Li put presque entendre le haussement d’épaules de Wanyo. « Peut-
être que c’est une sorte de boule de cristal. Elle m’a toujours indiqué le meilleur endroit pour pêcher.
Faut dire, c’était toujours exactement là où j’étais, dans la tortue ! » Il gloussa.
Quelqu’un marmonna quelque chose que Li Li n’arriva pas à distinguer, mais d’après les ricanements qui
suivirent, ce devait être un commentaire moqueur.
« Ça ne ressemble pas du tout à une boule de cristal, ni à tout autre objet magique que j’aie pu voir. »
Cette voix-ci était celle de Chon Po, et Li Li se raidit légèrement, le cœur soudain agité dans la poitrine.
S’il la prenait à espionner cette conversation, il serait furieux.
Chen prit la parole.
« En fait, ça ressemble à une perle géante. » Sa voix était chargée de sous-entendus, et Li Li était
certaine de savoir à quoi il pensait : ce qu’on appelait la Perle de Pandarie, l’objet que la sirène naga
Zhahara avait jadis affirmé être en possession de Wanyo. Aurait-elle eu raison ?
« Je l’ai trouvé sur un murloc, vous imaginez ? dit Wanyo en riant à nouveau. Si c’est une perle, alors elle
est magique, c’est sûr, parce que j’avais encore jamais vu une perle qui sait où est le meilleur coin pour
pêcher. » Il marqua une pause. « Et puis bon, sinon, pourquoi est-ce que l’autre folle de naga serait
arrivée dès que je l’ai trouvée ? »
Li Li écarquilla les yeux. Ça ne pouvait être que Zhahara.
« Une “folle de naga” ? demanda Chon Po. Li Li m’avait bien mentionné quelque chose comme ça, une
fois. Est-ce que tu pourrais détailler un peu, Wanyo ?
– J’étais sorti de nuit. J’ai pris un murloc dans mon filet de pêche. Le petit gars était mal en point, et il
m’a donné la perle. Dès que je l’ai ramassée, les nagas ont surgi de l’eau et ont fait tomber un éclair sur
moi. Ça a cassé mon mât ! J’avais aucune intention de faire long feu dans les parages, et j’ai quelques
amis dans l’océan. Un gros poisson m’a aidé à m’échapper, ça devait être un des petits que j’avais remis
à l’eau il y a des années et qui voulait me remercier !
– Et c’est là que tu as été avalé par Shen Zin Su ? » C’était la voix de Chen, cette fois.
« Ouais. Je ne faisais pas trop attention où j’allais, tout ce que je voulais, c’était semer l’autre sorcière à
écailles. Et avant que j’aie le temps de dire ouf, le poisson s’est écarté et je me suis retrouvé nez à nez
avec la grande tortue, qui s’est pas arrêtée une seconde et m’a avalé tout cru.
– J’ai encore une question pour toi, Wanyo, dit Chon Po. Pourquoi as-tu décidé de quitter ton, euh, coin
de pêche précisément aujourd’hui, après y avoir passé si longtemps ?
– C’est la perle qui m’a dit de le faire.
– Quoi ?
– Ce matin en me levant, j’ai regardé dedans, comme tous les jours. Mais au lieu de me montrer en train
de pêcher, elle m’a montré en train de rentrer en bateau. Je me suis dit qu’il était temps de partir, alors
j’ai sauté dans mon bateau et Shen Zin Su m’a recraché. »

Chon Po poussa un si profond soupir que Li Li l’entendit à travers la porte. « D’accord, Wanyo. C’est
tout, j’imagine. Nous allons devoir comprendre ce que tout ça veut dire, un jour. Pour l’instant, je suis
pour qu’on conserve la perle dans la Grande bibliothèque. Est-ce que vous êtes tous d’accord ? »
La question fut suivie d’un murmure d’approbation générale, et les anciens passèrent à des sujets plus
classiques. Li Li s’éloigna hâtivement de la porte et se dépêcha de sortir, se cachant sous la haie jusqu’à
être loin du temple des Cinq matins. L’esprit agité, elle réfléchissait à ce qu’elle venait d’entendre. Une
perle géante et magique. La Perle de Pandarie ? Elle s’assit au pied d’un arbre et se tapota le menton
avec l’index. Zhahara avait affirmé que c’était une relique ancienne, très puissante. Li Li était restée
certaine qu’il ne s’agissait que d’un mythe, tout comme son père et Chen. Mais aujourd’hui…
Sur l’herbe qui l’entourait, les ombres commençaient à s’allonger. Elle se leva d’un bond et se dépêcha
de rentrer à ma maison. Il ne fallait pas que son père se doute de quoi que ce soit, alors il fallait qu’elle
se comporte normalement. Mais son esprit était ailleurs, fourmillant d’idées.
***
Tard dans la nuit, elle descendit silencieusement l’escalier de la maison. Elle traversa l’entrée à pas de
loup et ferma doucement la porte en sortant. Ce qu’il fallait, c’était arriver jusqu’à la perle. Elle devait la
voir de ses propres yeux.
La Grande bibliothèque n’avait pas de fermeture officielle, et les petites lanternes magiques
s’allumèrent obligeamment pour elle au fur et à mesure qu’elle avançait sur le chemin. Li Li pensait que
la perle serait exposée avec les meilleures collections de la bibliothèque, et elle se dirigea vers la salle
d’exposition.
Effectivement, la perle trônait fièrement sur un socle en bois au milieu de la salle, protégée par un
boîtier de verre. Elle le souleva prudemment et le déposa sur le côté.
La perle était encore plus grosse qu’elle n’aurait cru, presque autant qu’un melon. Sa surface
opalescente réfléchissait la faible lumière, projetant un kaléidoscope d’arcs-en-ciel aux doux tons pastel.
Li Li la fixait du regard, fascinée par sa beauté unique. Elle ne put résister, et posa doucement les mains
dessus pour la lever à son visage. La perle était chaude et bourdonnait discrètement de sa propre
énergie. Comme l’avait dit Wanyo, cet objet ne pouvait être que magique.
« Tu as montré à Wanyo où pêcher, murmura-t-elle à la perle. Mais à moi, que peux-tu me montrer ? »
Comme en réaction, la perle se mit à étinceler doucement, ses reflets de couleurs se mêlant pour former
une grande spirale. Les paupières de Li Li s’alourdirent, et elle les laissa se fermer. Lorsqu’elle les rouvrit,
elle était entourée d’une épaisse brume gris argenté et ne tenait plus la perle. Elle avait la curieuse
impression de flotter à mi-chemin entre le rêve et l’éveil. Est-ce que tout cela était réel ?
La brume commença à se dissiper, laissant place à une vue aérienne de vertes prairies jusqu’à l’horizon,
entourées de jolis arbres aux fleurs roses. Li Li agita les bras en plein vol, persuadée qu’elle allait tomber
vers le sol, mais ce ne fut pas le cas. Elle se calma progressivement, et tourna la tête pour regarder de
chaque côté. Son cœur galopait d’excitation : la perle lui offrait une vision.
La scène se transforma pour révéler une ville trépidante, ses rues pleines de pandarens en train de
vendre des marchandises ou de vaquer à leurs occupations. Li Li fronça les sourcils : elle ne reconnaissait
rien, ni personne. Architecturalement, les bâtiments ressemblaient à ceux qu’on trouvait sur Shen Zin
Su, mais quelque chose n’allait pas. Les rues, le paysage, rien ne collait. Ça ressemblait, mais ce n’était
pas ça.
La vue continuait de tourner. D’immenses et denses forêts de cyprès et de conifères recouvraient les
versants de montagnes enneigées qui allaient tutoyer le ciel. Mouettes et canards filaient le long du
sable où la terre rencontrait la mer. Partout, Li Li voyait des signes de son peuple : des grands temples
qui dominaient les collines aux bornes caractéristiques le long des routes. Cet endroit, quel qu’il soit,
était habité par les pandarens depuis très longtemps.
Elle flotta lentement vers le haut. Roulant depuis la mer, la brume argentée avança vers le centre de la
région et s’épaissit jusqu’à complètement cacher la terre. Suspendue dans le ciel, Li Li voyait le ciel qui
se couchait à l’ouest, loin au-delà du brouillard, ses rayons rouge et or étincelant à la surface de l’océan.
À l’est, les étoiles brillaient déjà, et les lunes jumelles d’Azeroth rayonnaient vivement, toutes deux dans
leur dernier croissant.
Une lointaine leçon de géographie lui revint par-delà les années : dans les grandes étendues océaniques
du sud, il était quasiment impossible de naviguer à cause d’une épaisse brume qui recouvrait tout. Shen
Zin Su lui-même évitait de s’y perdre.
Une terre inconnue, couverte de montagnes, de forêts et de champs, cachée parmi les brumes des mers
du Sud, mais peuplée de ses semblables ?
La Pandarie.
Dès que cette pensée la frappa, la vision commença à s’estomper, se dissipant rapidement sous son
regard. Elle cligna des yeux et le ciel avait disparu, ainsi que la sensation de flotter. Elle se trouvait à
nouveau les pieds bien sur terre dans la Grande bibliothèque, scrutant la surface nacrée de la perle
géante qu’elle tenait entre ses mains.
La Pandarie… la légendaire terre natale de son peuple, l’endroit que Liulang et ses compagnons avaient
jadis quitté pour aller trouver une vie plus passionnante sur le dos de Shen Zin Su. Existait-il vraiment ?
Sur la grande tortue, la plupart des pandarens considéraient que la Pandarie avait été détruite par la
guerre il y a longtemps, ou emportée par la maladie, ou… ou quelque chose comme ça. Sinon, ils
l’auraient déjà revue, à force, non ?
Elle fit lentement tourner la grosse perle entre ses mains. Le monde abritait bien des secrets, et la magie
avait bien des pouvoirs.
« Il faut que je la trouve, murmura-t-elle. C’est pour ça que j’ai eu cette vision, non ? Wanyo ne l’a pas
eue, ni les anciens. Même pas mon père ou oncle Chen. Juste moi. »
Sur la perle, les couleurs se remirent à tourbillonner, et Li Li y vit un bon présage.
« Tu vas devoir venir avec moi, » dit-elle, prenant la perle sous le bras. Elle était un peu encombrante,
mais il ne serait pas dur de la faire tenir dans une sacoche ou un sac de voyage. Li Li sortit hâtivement de
la bibliothèque et se dirigea chez elle. Elle avait tant à préparer, et pas beaucoup de temps. Qui sait
combien de temps avait duré la vision ?
Une fois, elle était partie pour retrouver Chen, et avait réussi, même si ça avait été au terrible prix de la
vie de Bo. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Elle ne referait pas les mêmes erreurs. Sa mission
était claire.
***
Des vêtements de rechange, son journal avec ses notes et copies de cartes, des rations volées à la
cuisine, diverses babioles qu’elle pensait utiles, et, enfin, la perle. Elle l’emballa révérencieusement dans
un manteau et la déposa dans son sac à dos, par-dessus le reste. Elle avait tout ce qu’il lui fallait pour
commencer son voyage. Elle passa une petite bourse de poudre enchantée à sa ceinture – toujours
utile – et inspecta une dernière fois sa chambre, se demandant si elle oubliait quelque chose. Une fois
convaincue que non, elle se dirigea vers sa commode et sortit son sifflet à grue du tiroir, passant la
ficelle autour de son cou à côté du collier de perles draeneï que Chen lui avait offert. Elle fit tourner les
deux colliers entre ses doigts pour se porter bonheur.
« Il ne reste plus qu’une chose à faire. »
Elle avait déjà écrit une telle lettre à son père, un jour, et les mots lui vinrent facilement au fur et à
mesure qu’elle faisait courir la plume sur la page.
Cher papa, cher oncle Chen,
Quand vous lirez ceci, je serai en route pour Forgefer. Shen Zin Su n’est pas l’endroit où passer ma vie, je
vous le dis depuis des années.
Oncle Chen, te retrouver fut comme résoudre un grand mystère, mais il en reste un deuxième, encore
plus grand. La perle de Wanyo m’a montré comment le percer, alors je pars le faire. Il ne sera fait de mal
à personne cette fois-ci, je vous le promets. Quand nous nous reverrons, vous n’arriverez pas à croire ce
que j’aurai découvert !
Li Li
***
Une fois loin du centre-ville, Li Li porta le sifflet à ses lèvres et en tira une note limpide. Elle n’attendit
qu’un court instant avant d’entendre le doux bruissement des plumes, et son vieil ami la Grue atterrit
devant elle. Le grand oiseau pencha la tête et l’examina d’un œil au noir insondable. Li Li sourit
timidement.
« Oh, tu me dirais sans doute la même chose que papa, maintenant. Mais je ne peux pas rester là à
attendre que le monde vienne me chercher. J’ai un travail à accomplir. »
La Grue plia le cou et lui adressa un cri en battant des ailes et en dansant d’une fine jambe sur l’autre.
« Vas-y, moque-toi si tu veux. » Li Li roula des yeux. La Grue la gratifia d’un nouveau craquètement
ironique, puis se baissa jusqu’au sol pour lui permettre de grimper facilement sur son dos. Quand elle
fut bien installée, l’oiseau bondit vers le haut et s’envola vers le ciel d’un puissant coup d’ailes.
« La Pandarie est au sud. » Li Li criait par-dessus le vent, le visage enfoui dans le cou de la Grue.
« Cachée derrière un grand banc de brume. »
La Grue plongea vers le bas, manquant de la faire tomber dans l’océan. « Craah ?
– Qu’est-ce que tu fabriques, cinglé d’oiseau ? » Li Li se cramponnait aux plumes, la tête à nouveau
endolorie par le brusque mouvement. « Évidemment que je ne te demande pas de faire tout le chemin
toute seule ! Il va nous falloir assez de ravitaillement pour des jours, bon sang. »
La Grue n’avait pas l’air convaincu. « Craaaah ?
– Un véhicule volant, répondit Li Li en souriant. Et je connais justement quelqu’un qui m’a déjà laissé en
emprunter un.
– Crahaaaaha ?
– À Forgefer ! Le roi Magni ! Bon, tu comptes passer ton temps à bavarder, ou quoi ? Allez, vole ! »
***
« Tout est de ta faute. »
Chon Po brandit la lettre de Li Li sous les yeux de Chen comme une dague, les yeux rouges de fureur.
Chen passait inconfortablement d’un pied sur l’autre.
« Toute sa vie, elle n’a pas arrêté avec ses “oncle Chen ci” et ses “oncle Chen ça” et ses “Oh ça serait-y
pas merveilleux de voir le monde avec oncle Chen ?” » Chon Po marchait en rond, la colère rayonnant
du moindre de ses gestes. « Et rien n’a pu lui enlever ses illusions. Oh non, Li Li n’a toujours vu que le
côté romantique. Et tes lettres n’y sont pas pour rien, mon cher frère. »
Chen inspira profondément. Il n’y avait aucun moyen de raisonner Po, alors il le laissa se perdre dans sa
diatribe, se demandant à quel point sa tirade s’adressait à sa fille, et à quel point à lui-même.
« … d’irresponsabilité, qui lui a rempli la tête de faux espoirs. Qu’est-ce qu’elle peut bien penser trouver
ailleurs que nous n’avons pas déjà ici ? »
Déjà, de quoi faire de la bière correcte, se prit à penser Chen en scrutant le mur par-dessus la tête de son
frère. Il était près de laisser échapper un sourire. Soudain, le visage furieux de Chon Po emplit son
champ de vision, le faisant sursauter.
« Tu n’as donc rien à dire pour ta défense ?
– Chon Po, je ne suis pas sûr de pouvoir dire quoi que ce soit. Je n’ai jamais dit à Li Li de partir où que ce
soit.
– C’est comme si tu l’avais fait ! cria son frère. Pendant des années, tu n’as pas cessé de lui dire la même
chose, même si ce n’était pas en personne ! Elle te vénère, et maintenant elle est partie dans une quête
suicidaire pour percer ce “grand mystère” dont elle parlait, quel qu’il soit. C’est ta responsabilité de la
ramener de... de ce Forgefer », dit-il après avoir vérifié le nom dans la lettre.
À la vérité, Chen s’inquiétait réellement pour sa nièce. Elle était bien trop jeune pour partir seule et, s’il
se rappelait bien, le « grand mystère » dont ils avaient jadis discuté ensemble était la recherche de la
Pandarie. Rien ne disait que la trouver était possible. De plus, Li Li avait emporté la perle, et une naga
avait déjà essayé de la traquer justement pour s’emparer de cet objet. Le danger paraissait bien réel. Et
puis, les citrouilles de Hurlevent donnaient une bière merveilleuse…
« D’accord, je vais aller à sa recherche. Mais elle n’appartient qu’à elle-même. Je ne vais pas la forcer à
revenir.
– Ce n’est qu’une enfant, grogna Chon Po.
– De moins en moins à chaque jour qui passe, Po, répondit Chen en secouant la tête. Je pars dès que
possible.
– Le plus tôt sera le mieux. » Chon Po croisa les bras. « Qui sait dans quels ennuis elle est partie se
fourrer, cette fois ? »
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MessageSujet: Re: La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)   Ven 21 Sep - 17:00

c'essssssssssst long ^^

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MessageSujet: Re: La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)   Sam 22 Sep - 8:53

Donc si j'ai bien compris...

Au début, il y avait des Pandarens en Pandarie.

Certains Pandarens ont voulu voir le monde et sont allé sur La Tortue pour voyager.

Finalement, les années ont passées et les Pandarens de la Tortue, sont resté coincés dessus, sans jamais pouvoir retourner en Pandarie, cachée dans la Brume.

Le temps à passé et les Habitants de Shen Zin Su ne savent quasiment plus rien de ce qui les entourent, ni même de la Pandarie.


J'ai toujours pensé que la Tortue était une zone de départ, donc avec des maitres et des petits Pandas et que les Pandarens une fois agés allaient en Pandarie.
Mais là, pas du tout, c'est carrément un ptit peuple à part, isolé de reste du monde, qu'il y a sur la Tortue.

Tu m'étonnes que Li li ait envie de voyager...

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MessageSujet: Re: La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)   Sam 22 Sep - 8:58

C'est ça..;enfin je crois! !

C'est sur qu'elle doit avoir envie de voir autre chose que la tortue la petite Li-li !
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MessageSujet: Re: La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)   Sam 22 Sep - 9:43

Elle est attachante cette petite Li-li I love you

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MessageSujet: Re: La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)   Sam 22 Sep - 9:53

Elle a un joli nom en plus! Very Happy
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MessageSujet: Re: La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)   Aujourd'hui à 11:31

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La Quête de la Pandarie: Première partie (une nouvelle histoire sur le site de blizzard)
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